Τρίτη, 6 Ιανουαρίου 2015

L’ASSASSINAT ECONOMIQUE DE LA GRECE ET SES ELECTIONS DU 25 JANVIER Par Maria Negreponti-Delivanis*

L’ASSASSINAT ECONOMIQUE DE LA GRECE ET SES ELECTIONS DU 25 JANVIER
Par Maria Negreponti-Delivanis*                                                              06.01.2015    
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Tout au long de ces six dernières années, la Grèce a été cruellement éprouvée en tant que cobaye dont les néolibéraux fanatiques de la planète espéraient l’ultime justification de leurs activités. C’est-à-dire qu’ils croyaient naïvement que leur modèle d’austérité, qui est un échec complet partout où il a été appliqué, finirait par avoir quelques résultats positifs en Grèce. Or, leurs espoirs, comme on aurait dû s’en douter dès le début, se sont avérés vains cette fois encore, et au lieu du triomphe attendu, la Grèce s’est effondrée et sa population appauvrie. La destruction d’une part importante de la base productive de l’économie semble irrémédiable, avec pour résultat un PIB en recul d’environ  30 %  par rapport à son niveau d’avant la crise, et un retour du niveau de vie de ses citoyens à celui de 1980. Le chômage officiel a atteint le taux vertigineux de 27 % tandis que son taux réel dépasse les 30 % de la population active, un commerce sur trois a mis la clé sous la porte et la population s’est à tout point de vue complètement appauvrie. 
Les tenants impénitents des mémorandums, qui ont adopté cette politique macroéconomique inhumaine, s’efforcent de démontrer des réussites là où tout n’est que ruines, et osent faire valoir comme prouesse un excédent primaire équivoque et sanguinaire, provenant ‒ tenez-vous bien ‒ d’un revenu coulé et non en hausse, comme cela devrait être. Pourtant, ce qu’il faut de toute urgence, c’est un changement radical de politique, lequel amènerait un changement de politique économique, autrement dit l’abandon de l’austérité. Je rappelle que cette austérité asphyxiante imposée à la Grèce, en plus de sa forme cruelle, s’est avérée parfaitement inefficace : la dette, de 120 % du PIB a augmenté, précisément à cause des mémorandums, pour atteindre 177 %, et de viable qu’elle était en 2009, elle est clairement devenue non viable en 2014.
Contre ce changement et pour le maintien de l’environnement génocidaire des mémorandums, ciel et terre ont été remués, non seulement en Grèce mais aussi à l’étranger. Une partie de la presse européenne et internationale consacre de nouveau ses Unes à la Grèce et à la catastrophe totale sensée s’abattre sur elle si, enfin, elle ose changer de cadre politique. Cet intérêt, de toute évidence, n’est pas uniquement centré sur la Grèce, mais exprime plutôt l’état de panique du système face à ce qui peut arriver dans la zone euro au cas où le GREXIT devienne inéluctable. Et, justement, la reprise de ce débat qui s’était nettement éloigné ces derniers mois, peut être vue comme un baromètre du risque de démantèlement de l’euro, qui s’est réduit sans pour autant disparaître, par le possible retrait de la Grèce. Et j’ajouterais que la flambée de réactions contre la politique d’austérité, dans presque tout le sud de l’Europe, prouve exactement le contraire : à savoir que le danger de l’effet DOMINO existe toujours.
Les élections législatives grecques qui décideront du changement ou de la continuité dans la même politique sans issue se tiendront le 25 janvier 2015.  
 Et d’ici là, il ne fait aucun doute que vont s’intensifier les menaces contre le changement et s’enflammer les descriptions des dangers auxquels le pays et sa population sont supposés s’exposer si celle-ci ose voter pour le changement. Un syndrome napoléonien, dirais-je, l’expression de la politique de la voie unique qui est celle de l’actuel gouvernement, lequel apparaît comme le seul garant de la stabilité et du progrès, tandis que les six années de sa politique ne peuvent se valoir que de destructions. Le monde se montre embarrassé et a peur, car la campagne en faveur d’un non-changement persiste dans la certitude de la venue d’une nouvelle situation pire que l’actuelle. Et bien qu’il soit difficile d’imaginer une aggravation de l’enfer régnant, une partie de la population, celle qui a encore un travail, qui n’a pas perdu sa maison, qui peut encore couvrir ses besoins de base, est terrorisée.
Le besoin de changement est maintenant impérieux, et j’ajouterais encore que c’est une question de vie ou de mort pour la Grèce de 2015 qui a tout perdu en l’espace de ces six dernières tragiques années.    Et bien qu’il ne soit nullement certain que ce changement arrive, et bien que même s’il venait, le nouveau gouvernement grec aurait à affronter une situation extrêmement difficile, surtout si la guerre de dénigrement continue, je vais me limiter ici à une seule et unique performance qu’il devra absolument réaliser, et dont j’espère qu’il sera à la hauteur. Je pense plus précisément à l’effort qu’il doit faire pour rendre aux Grecs la dignité nationale qui leur a été prise d’une façon brutale et barbare par de nombreux et divers moyens. Et il est superflu de rappeler le fait qu’une nation peut survivre pendant longtemps en dépit des privations et des épreuves, mais est vouée à disparaître si elle doit vivre sans fierté nationale, sans croire aux aptitudes de sa race, sans dignité. Et, pour son malheur, ce défaut constitue la conséquence la plus dramatique des mémorandums et de l’acceptation servile de leur contenu par les gouvernements grecs. Ceux-ci ont accepté sans se plaindre, et qui plus est, avec des efforts visibles pour les appliquer fidèlement, les diktats si ahurissants, si méprisants, si problématiques de la troïka comme, pour n’en citer que quelques-uns, le licenciement injustifié de milliers d’employés de la fonction publique qui, en bloc et sans aucune preuve, ont été accusés d’inaptitude, de corruption et d’imposture, comme la transformation du marché du travail en jungle, comme l’expulsion de chez eux de tous ceux qui ne peuvent régler leurs dettes, comme la destruction progressive de l’État-providence etc., etc. Ce sont ces gouvernements qui ont laissé un peuple entier sans défense face aux accusations qui le disaient paresseux, récusable et presque incapable, sans alléguer aucun des nombreux arguments fondés pour expliquer comment nous en sommes arrivés là, nous et le reste de l’Europe du sud. Sans parler de la dette de l’Allemagne envers la Grèce et dont le montant dépasse celui que la Grèce doit aux banques. Sans oser parler des aspects opaques d’une dette honteuse, insupportable et odieuse. Ne voulant avoir aucun rapport et surtout ne voulant pas s’empresser d’exploiter en faveur de leur patrie l’ERREUR du plan de sauvetage de la Grèce que le chef macroéconomiste du FMI Olivier Blanchard et d’autres économistes distingués ont avoué avoir faite au début de 2013. Sans essayer d’utiliser le GREXIT comme une arme, mais plutôt en le retournant contre leur pays, se mettant du côté de ses créanciers. Sans avoir non plus conçu avec la rigueur nécessaire, un plan de sortie de l’euro, qui analyse pas à pas ce qui doit être fait pour en limiter les effets néfastes et garantir les chances de succès.
Je ne sais pas si et dans quelle mesure une nouvelle situation politique permettra de réaliser tout ce dont a besoin notre peuple pour renaître. En revanche, ce que je crois, c’est que ce changement est absolument nécessaire, ne serait-ce que parce qu’il amène avec lui l’espoir d’une amélioration qui malheureusement a cruellement manqué tout au long de ces six dernières années.
*Ancienne rectrice et professeur à l’université Macédonienne de Thessalonique
Membre honoraire de l’Académie des Sciences de Roumanie
Présidente de la Fondation Dimitri et Maria Delivanis   


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