Σάββατο, 22 Αυγούστου 2015

À quoi Tsipras joue-t-il ? par Maria Negreponti-Delivanis

À quoi Tsipras joue-t-il ?
En état de confusion et de profond désespoir, le peuple Grec suit les faits et gestes de son premier ministre. Au référendum du 5 juillet, M. Tsipras a demandé aux électeurs de répondre par un NON tonitruant qui lui servirait d’arme dans les négociations avec l’UE. Non seulement a-t-il promis l’abolition définitive des mémorandums qui ont jeté la Grèce dans la misère depuis cinq ans, mais il a également promis une Europe renaissante, dégagée de ses idées obsessionnelles liées à l’austérité. Toutefois, le NON grandiose prononcé par 62% du peuple grec, qui a osé choisir un gouvernement de gauche et contester la rectitude des mémorandums, semble avoir rendu furieux les dignitaires européens. Et, au lieu d’alléger, comme escompté, les mesures mémorandaires inhumaines et totalement inefficaces, la troïka a décidé d’imposer à son État membre lilliputien, en guise de coup de grâce, un troisième mémorandum dont les termes sont encore plus durs que ceux des deux premiers. Le premier effet de ce monstrueux accord sera l’augmentation de la dette qui -de 173% du PIB qu’elle est actuellement- passera à 201% du PIB. Suivit la volte-face spectaculaire de SYRIZA qui, marqua un tournant de 180° par rapport à l’ambiance révolutionnaire passée des « mémorandums déchirés », de la « souveraineté nationale », du « refus catégorique de l’austérité ». En même temps, il fut jugé nécessaire de procéder à une certaine forme de « nettoyage » du gouvernement et du parti, en excluant ces membres-là qui étaient restés fidèles aux principes de SYRIZA et qui avaient refusé de se convertir au culte de l’euro. Par la suite, M. Tsipras n’a nullement ressenti le besoin d’expliquer à ses compatriotes cette attitude incompréhensible. Au contraire, s’est-il empressé de démissionner et de fixer la date des élections nationales anticipées pour le 20 septembre. Cette fois-ci, M. Tsipras exige du peuple Grec qu’il annule le « OXI » tonitruant du référendum du 5 juillet, et qu’il le remplace par un grand OUI qui légitimera le contenu génocidaire du troisième mémorandum, bien que le résultat d’un référendum ne puisse être annulé que par le biais d’un autre référendum. Il était tout naturel que ce comportement antidémocratique du premier ministre et, ce, du premier gouvernement de gauche en Grèce, mette le feu aux poudres des hypothèses de coup d’état, de trahison et de conspirations tissées sur le dos du peuple grec. Mais, au-delà de ces idées, une chose est certaine : l’ambiance qui prévaut ces derniers mois en Grèce est indubitablement celle d’un théâtre de l’absurde où aucune réflexion puisant dans le sens commun ne peut avoir de place.

Le contenu de mandat populaire du NON au référendum du 5 juillet étant clairement tourné contre les mémorandums et assorti d’une incitation directe à rompre d’avec les créanciers s’ils insistaient sur leur politique, le premier ministre était tenu d’avoir veillé sur la manière de poursuivre ce NON, y compris hors zone euro. Il devait, notamment :
- avoir élaboré un sérieux « plan B » visant à la transition vers notre monnaie nationale, et non pas communiquer après-coup des accusations ridicules concernant une trahison présumée commise par ceux (en admettant qu’ils avaient existé) qui avaient veillé à préparer pareil plan ;
- avoir, depuis plusieurs mois, veillé à assurer la liquidité élémentaire des banques et, bien évidemment, avoir imposé en temps utile des restrictions, notamment, concernant l’exportation de capitaux à l’étranger.

Même à admettre que ces actions ou omissions majeures pourraient lui être pardonnées en les attribuant au manque d’expérience du jeune gouvernement de gauche, il en existe d’autres qui sont vraiment impardonnables.  Il s’agit de la décision, que M. Tsipras veilla à annoncer par avance, de livrer « terre et eau » en échange de quoi nous resterions dans l’euro. C’est de cette manière, aussi absolue que frivole, que le gouvernement a considéré, et continue de considérer, le retour parfaitement inévitable à notre monnaie nationale. Des membres du gouvernement, en parfaite harmonie avec le directoire de l’UE et la puissante opposition qui s’est, récemment, transformée en force pro-gouvernementale, prétendent que « le retour à la drachme serait la catastrophe ». Toutefois, ils omettent d’expliquer quelles sont les méthodes exactes de mesure qui leur ont permis d’aboutir à la conclusion selon laquelle la nouvelle drachme serait une catastrophe plus grande que celle apportée par les mémorandums. Car, il n’est sérieusement plus possible de douter qu’avec les mémorandums nous allons droit vers la disparition nationale, économique et démographique totale. Il s’agit, en effet, d’une forme particulière de génocide, contraints que nous sommes de vendre nos avoirs, de procéder à l’abolition du secteur public, après l’avoir démantelé, de jeter impitoyablement à la rue ceux qui n’arrivent pas à rembourser le prêt contracté pour leur résidence principale, de permettre aux employeurs de licencier massivement la main-d’œuvre, de paupériser les salariés et les retraités, d’éliminer toute trace de protection sur le marché du travail, de renoncer à toute forme de souveraineté nationale et de fierté nationale, en adoptant pour avenir le régime colonial de la dette. Le retour à une nouvelle drachme ne sera pas anodin, cela va sans dire. Mais il s’agit-là de la seule solution offrant une issue à l’impasse actuelle.


M. Tsipras peut, en fin de compte, remporter ou perdre les élections du 20 septembre. Mais, dans les deux cas, le résultat sera le même : le premier gouvernement de gauche en Grèce aura donné sa bénédiction  à la poursuite d’une dictature financière étouffante, dans un pays membre de l’Union européenne. Et, ce, mettant en péril direct et majeur la paix sociale. Et pas qu’elle. Car, ce sacrilège aura, inévitablement, des effets particulièrement délétères sur l’ensemble de l’Europe mais aussi  du monde. Par conséquent, à court terme et pour l’instant, le seul vœu -malheureusement- utopique à formuler est celui d’éviter que cet accord criminel soit mis en œuvre et, ensuite, de soutenir, tous ensemble, le retour dans notre Grèce et dans notre Europe.

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